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Tomate

Aujourd’hui, ce fruit (eh non, il ne s’agit pas d’un légume, même si nous le consommons comme tel !) fait partie des aliments les plus consommés dans le monde. Il s’agit même du premier « légume » le plus mangé dans l’Hexagone, alors que pendant plus de deux siècles après son introduction dans le pays, la tomate servit d’ornement et fut taxée de danger, car soi-disant létale…

Derrière cet ingrédient devenu indispensable pour réussir pléthore de recettes se cache au départ une origine sud-américaine. En effet, le berceau de ce fruit se situe dans ce qui est aujourd’hui le Pérou, alors territoire inca. « Tomate » se disait donc à l’origine, quand elle fut découverte par les conquistadores au XVIe siècle, « tomatl ». Les Espagnols rapportèrent cette nouvelle plante en Europe et l’y introduisirent, tout comme ses cousins et cousines de la famille des solanacées : le poivron, le pétunia, la pomme de terre, le piment ou encore le tabac.

Cependant, avant que son nom actuel soit accepté officiellement par l’Académie française — en 1835 ! — la tomate passa par divers états civils. Ainsi, dans le langage courant, on parlait de « pomme d’or » (en Italie, on continue à employer le mot « pomodoro »), « pomme d’amour » (« poma d’amor » en provençal) ou encore « pomme du Pérou ». Mais en botanique, on l’avait baptisée de lycopersicum, autrement dit « pêche de loup ». Pourquoi une telle appellation, peu encline à donner envie de faire confiance à ce fruit ? Parce que les botanistes étaient persuadés que la tomate, alors de la taille de la version « cerise » actuelle, était toxique — même si on lui attribuait des vertus médicinales… Et sa ressemblance avec la mandragore, aux effets hallucinogènes, lui joua bien des tours.

C’est pourquoi la tomate fut longtemps cantonnée à décorer les tables ou les tonnelles ! Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que ces affreux soupçons sur sa prétendue malfaisance furent levés grâce à un botaniste écossais. On l’affubla donc de l’adjectif « esculentum », autrement dit « comestible », pour rattraper le coup. Et les plants de tomate commencèrent alors à être cultivés pour leurs fruits.

Selon la légende, le fruit, introduit depuis longtemps en Provence, fit son entrée à Paris lors de la Révolution française, les Marseillais en réclamant à tous les aubergistes de la capitale. Ce serait à partir de là que les maraîchers franciliens commencèrent à la cultiver. Puis la tomate repartit en Amérique, cette fois du Nord, où les locaux ne tardèrent pas à la transformer en ketchup (lire aussi sur ce blog)… En France, il fallut attendre l’après Seconde Guerre mondiale pour que ce fruit connaisse son avènement et soit enfin mangé à toutes les sauces. Jusque dans les années 1930, d’aucuns étaient persuadés que la tomate ne devait surtout pas être consommée crue et nécessitait au moins trois heures de cuisson pour ne pas représenter de danger pour l’organisme !

Aujourd’hui qu’elle s’expose, de façon aberrante, sur tous les étals, été comme hiver, c’est surtout le manque de saveur qui menace la tomate… Mais cela est une autre histoire.

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