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Marcel Petiot, l’abominable Docteur Satan

Portraitpetiot

Le regard fou du Docteur Petiot…

Si la Première Guerre mondiale eut son tueur en série, j’ai nommé le terrifiant Landru, la Seconde ne fut pas en reste. Marcel Petiot n’avait rien à envier à son célèbre prédécesseur dans l’horreur et l’effroi qu’il inspira à ses victimes. Docteur des pauvres ou abominable criminel ? Collabo ou résistant ? Dément ou responsable ? Ce monstre au regard fou termina sa vile entreprise sur l’échafaud pour l’assassinat de près de trente personnes dont la seule faiblesse avait été de croire que le bon docteur Petiot les aiderait à échapper aux griffes de l’occupant nazi ou à celles de la police.

Marcel André Henri Félix Petiot naquit le 17 janvier 1897 à Auxerre, dans l’Yonne. Son père Félix était employé de poste tandis que sa mère Marthe tenait le foyer. De santé fragile, cette dernière décéda en 1911. Marcel et son jeune frère Maurice, né en 1906, suivirent alors leur père, promu receveur des postes, à Joigny (Yonne). La scolarité de l’aîné des Petiot ne se passa pas sans heurts. Agité, très indiscipliné, il fit montre tôt dans sa vie de déséquilibre et de troubles psychologiques, passant de l’exaltation et d’une grande concentration à un état dépressif profond. D’après ses professeurs, bien que très intelligent, l’élève Petiot souffrait de graves troubles du comportement et ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales. À huit ans, on le soignait déjà à coup de calmants. Un jour, il s’amusa à ébouillanter le chat des voisins. Il se délectait aussi à pincer sa nourrice Henriette jusqu’au sang, démontrant ainsi son goût dangereux pour la torture. Parfois saisi de convulsions quand il était contrarié, il faisait naître la crainte dans son entourage. Le jeune garçon souffrait en réalité de ce que l’on nomme aujourd’hui trouble bipolaire ou maniaco-dépressif.

Séducteur et sûr de lui, Marcel Petiot cacha toute sa vie sa vraie nature de pervers et de sadique dénué de scrupules. Il commit son premier larcin notable en février 1914, alors qu’il vivait chez sa grand-mère à Auxerre : il fractura plusieurs boîtes aux lettres, dérobant près de deux cents lettres et cartes postales, qu’il n’ouvrit même pas ! La police finit par identifier le coupable et le soumit à l’examen d’un médecin-expert. Ce dernier l’estima « anormal » et irresponsable d’une grande partie de ses actes. Verdict : un non-lieu. Le jeune délinquant fut placé en maison de santé de Paris, alors qu’il avait été d’abord envisagé de l’interner. Le 11 juillet 1915, Marcel fut reçu au baccalauréat et s’inscrivit en classe préparatoire aux études de médecine. Mais en janvier suivant, il abandonna ses études pour s’engager comme simple soldat. Il partit pour le front en novembre et fut blessé au pied gauche par un éclat de grenade aux abords du plateau de Craonne, en pleine offensive du Chemin des Dames. On retrouva sa trace quelques mois plus tard dans un centre militaire de psychiatrie du Loiret où il avait été interné et diagnostiqué déséquilibré mental et neurasthénique.

Miracle ou totale irresponsabilité des autorités, notre danger public sortit de l’hôpital et reprit tranquillement ses études de médecine. Cependant, diverses commissions de l’armée continuèrent à l’examiner régulièrement et son état, selon certains experts, s’aggrava au fur et à mesure des examens. Malgré tout, Marcel Petiot devint médecin en décembre 1921. De retour dans son département de naissance, il ouvrit un cabinet à Villeneuve-sur-Yonne en mars suivant, à l’âge de vingt-cinq ans. Très apprécié de ses patients, le docteur Petiot pratiquait une médecine moderne et dynamique qui tranchait avec les habitudes poussiéreuses de ses confrères plus âgés. Il soignait gratuitement les plus indigents et aimait à se présenter comme le « médecin des ouvriers ».

La médecine ne lui suffisant pas, Marcel Petiot s’attaqua aussi à la politique. Élu conseiller municipal en 1925, il devint maire l’année suivante à la faveur de la démission de l’édile en place, et fut même réélu en 1929 lors des élections municipales. À l’instar de sa pratique médicale, sa façon de faire de la politique était moderne et non conventionnelle. Par exemple, il aida un jour les employés municipaux à construire les premiers terrains de tennis de la ville, en leur montrant comment il fallait manier la pioche. Sa folie le rattrapa cependant rapidement, ternissant son image à coup de délits dont il se rendait coupable : kleptomanie, détournements de fonds, vols, fausses déclarations d’assurance-maladie, j’en passe et des meilleurs. L’édile escroc, qui rédigeait lui-même les délibérations du conseil municipal et y modifiait ce qu’il voulait sans demander leur avis aux intéressés, fut traité de « fou » par la presse et finalement destitué en 1934 de toute fonction élective par le préfet de l’Yonne.

Sans doute pour se faire oublier, le docteur Petiot quitta définitivement l’Yonne pour Paris avec sa femme Georgette, de dix ans sa cadette, épousée en 1927, et leur fils, Gerhardt (sic), né en avril de l’année suivante. La famille s’installa en septembre 1933 au 66 de la rue Caumartin, dans le 9e, Marcel reprenant la clientèle d’un médecin parti à la retraite. Tout comme à Villeneuve-sur-Yonne, il imprima des milliers de prospectus vantant une liste interminable de toutes les maladies et troubles qu’il pouvait guérir, et les déposa dans les boîtes aux lettres. Adepte des ambiances interlopes, Petiot commença à délivrer des ordonnances de complaisance à des toxicomanes. Quelque temps plus tard, une information fut ouverte contre lui sur demande du parquet. Il s’en sortit en prétendant que ce type d’ordonnance faisait partie intégrante de sa technique de sevrage des toxicomanes !

Le 4 avril 1936 marqua un tournant dans la vie du praticien. Alors qu’il flânait dans la librairie Gibert du boulevard Saint Michel, il déroba subrepticement un livre. Cependant, son manège n’échappa pas à la vigilance du vigile (c’est le cas de le dire !), qui le suivit et l’appréhenda un peu plus loin pour que ce larcin puisse être qualifié de vol caractérisé. Obligé de reconnaître les faits, Marcel Petiot fut conduit au commissariat. Pour sa défense, il prétendit être distrait et signala même avoir été traité pour des troubles mentaux à la fin de la Grande Guerre. Un rapport médico-légal établi en juillet suivant conclut que le docteur avait agi en état de démence et ne pouvait donc être tenu responsable de ses actes. Il fut interné d’office le 1er août et passa sept mois à l’asile de d’Ivry-sur-Seine. Il en sortit le 20 février 1937, encore une fois sans aucune réelle sanction, puisqu’il reprit ses activités professionnelles comme si de rien n’était !

On ne sait trop ce que Marcel Petiot trafiqua pendant les trois années suivantes. Il semblait en tout cas très bien gagner sa vie, même si le train de vie de la famille restait modeste. Le médecin, qui continuait à alimenter les drogués en substances illicites, passait tout son temps libre dans les salles des ventes, dont celle de Drouot, à chiner. Après avoir rempli à ras bord son appartement de la rue Caumartin, ce fut le tour de l’immeuble qu’il avait acheté rue de Reuilly. Quand la Seconde Guerre mondiale éclata, Petiot profita du départ de ses confrères, lui qui était définitivement réformé, pour étendre encore sa clientèle et profiter des troubles de l’Occupation pour se consacrer au crime à un rythme d’enfer. Quand l’armée allemande entra dans Paris, le médecin décida de tirer profit de la situation. Un jour de mai 1941, il prétendit à son coiffeur qu’il faisait partie d’un réseau d’évasion ambitionnant d’aider des malheureux passibles d’être arrêtés par la Gestapo à quitter la France, moyennant rétribution. Le 11 août, Petiot fit l’acquisition d’un hôtel particulier dans le 16e arrondissement, 21 rue Le Sueur. Marcel affirma à sa femme, qui réprouvait cet achat, qu’il voulait en faire une clinique. Il commença par transformer les communs en cabinet médical.

L’entrée de Marcel Petiot dans la criminalité de grande ampleur commença vraiment en 1942, quand sa première victime, un Juif polonais, Joachim Guschinow, que le « docteur Eugène » — comme il se faisait appeler par les candidats à l’exil — « aida » à fuir en Argentine, disparut des radars. D’autres Juifs tombèrent dans le piège tendu par Petiot, ainsi que des petits malfrats, prostituées et autres drogués, à qui Petiot avait notamment prescrit de l’héroïne par le passé. Début 1943, la Gestapo, qui avait entendu parler de ce réseau de « passeurs », entreprit de retrouver la trace du mystérieux « docteur Eugène » pour faire cesser ses odieux « actes de résistance ». Marcel Petiot fut arrêté en mai et resta emprisonné pendant sept mois, subissant régulièrement la torture. Sa morgue et son envie indéfectible de tenir tête à toute autorité eurent cependant raison des efforts des Nazis pour le faire parler. Même s’ils en « afaient » les moyens, ils n’atteignirent pas leur but : Petiot resta coi et fut relâché en janvier 1944 faute de preuve. Et pour cause !

Encore une fois à l’instar de son illustre prédécesseur, ce sont des fumées noires et nauséabondes qui alertèrent un jour les autorités. En ce 11 mars 1944, ne supportant plus ces nuisances qui se déroulaient depuis plusieurs jours, un voisin de l’hôtel particulier du docteur Petiot décida d’appeler la police. Une fois arrivés sur place, les agents lurent sur la porte que le propriétaire était absent pour un mois et que son courrier devait être transféré à une adresse auxerroise. Le concierge de l’immeuble révéla volontiers à la police l’identité du propriétaire, son adresse dans le 9e, ainsi qu’un numéro de téléphone. Les agents sur place l’appelèrent aussitôt depuis la boutique d’un commerçant du coin. Georgette Petiot décrocha, puis rapidement son mari lui prit le combiné des mains et demanda à la police si quelqu’un avait pénétré dans l’hôtel particulier. Apprenant que personne n’était entré, il conseilla aux forces de l’ordre de l’attendre et surtout de ne rien faire d’ici son arrivée, dans le quart d’heure. Au bout d’une demi-heure, Petiot n’ayant toujours pas pointé le bout de son nez, la police fit appel aux pompiers pour forcer l’entrée de l’immeuble. Ce qu’ils découvrirent les glaça d’effroi et leur fit vomir leur quatre-heures sur la chaussée.

Les courageux explorateurs découvrirent que la fumée provenait de deux chaudières installées dans le sous-sol du docteur. Une main semblait pendre de la porte de l’une d’elles, le sol était jonché de restes humains dans tous leurs états… L’hôtel particulier regorgeait aussi d’effets personnels, dont le pyjama d’un petit garçon porté disparu depuis des mois. Soudain, un homme d’une quarantaine d’années surgit à vélo devant l’immeuble et se présenta à la police comme étant le frère du docteur Petiot. Prenant à part l’un des policiers, l’inconnu lui demanda s’il était « un bon Français ». Naturellement, répondit l’intéressé ! Le nouveau venu lui confia alors qu’il s’agissait de corps d’Allemands et de « collabos », ajoutant qu’il dirigeait un groupe de résistants. Le policier, qui attendait des renforts, lui conseilla alors de repartir discrètement. Sacré Docteur Petiot ! Car il s’agissait bien de lui, qui prit immédiatement la poudre d’escampette sur son vélo.

L’enquête fut confiée au commissaire Massu, l’inspiration de Georges Simenon pour créer son Maigret. L’hôtel particulier du 21 rue Le Sueur fut fouillé de fond en comble : l’étage paraissait avoir été laissé à l’abandon depuis des lustres. Les seules pièces qui semblaient avoir reçu un souffle de vie étaient les communs, à l’arrière du bâtiment, reliés au rez-de-chaussée par un couloir : on y trouvait un cabinet de consultation médicale et une petite bibliothèque. Depuis le cabinet, un couloir menait à une pièce exiguë triangulaire, non meublée, comportant en tout et pour tout huit anneaux métalliques scellés dans l’un des murs. Un œilleton, placé sur le mur adjacent au couloir, permettait de voir ces anneaux. En face de la porte du cabinet de consultation, une autre porte sans issue comportait sur le côté une sonnette électrique, qui restait muette, son fil n’étant relié à rien. Dans le garage, les policiers découvrirent de la chaux vive entassée sur un mètre, de laquelle dépassaient d’autres restes humains. Et dans le box voisin, une fosse de vidange recouverte par deux grosses dalles contenait elle aussi des restes humains et de la chaux vive. Pour le commissaire Massu, l’affaire ne faisait aucun doute : l’assassin avait attiré ses victimes par le biais du cabinet de consultation, puis les avait empoisonnées avant de se délecter en les observant par l’œilleton en train d’agoniser, attachées aux anneaux. Pour s’en débarrasser, il avait sans doute commencé à utiliser de la chaux vive, mais les cadavres s’accumulant, avait dû se résoudre à passer à la méthode Landru : découpage grossier et carbonisation dans la chaudière.

Quand la police se rendit chez les Petiot pour arrêter le docteur, il était trop tard. Le médecin et sa femme s’étaient volatilisés. La presse commença à plaisanter sur l’affaire : « L’assassin habite au 21 » titra-t-elle, faisant référence au film éponyme à succès signé Henri-Georges Clouzot et sorti sur les écrans français en 1942. Intrigué par l’adresse indiquée sur la porte de l’hôtel particulier, un policier se rendit sur place à Auxerre. Surprise ! C’était celle du frère de Petiot, Maurice, réparateur de TSF de son état, qui prétendit n’être au courant de rien. Le policier rentra à Paris, priant cependant ses collègues auxerrois de surveiller la gare. Le lendemain, Maurice et sa belle-sœur Georgette furent arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à monter dans un train. Affaiblie et un peu perdue, Madame Petiot parla un peu trop, aidant ainsi les policiers à confondre Maurice Petiot, qui avait en fait livré des centaines de kilos de chaux vive au 21 rue Le Sueur… Les forces de l’ordre réussirent en outre à retrouver la trace des valises contenant les centaines d’effets personnels retrouvés dans le charnier. Au nombre de trente-neuf, elles étaient cachées chez des amis des Petiot, dans l’Yonne…

Mais qu’était devenu Petiot ? Il s’était évaporé dans la nature. Pourtant sans lui, le principal suspect, l’enquête du commissaire Massu piétinait sur place. À la Libération, un mandat d’arrêt fut lancé contre le médecin. Son arrogance eut finalement raison de lui : il fut confondu par une lettre qu’il écrivit en réponse à un journal qui l’accusait d’être un traître à la Nation et un soldat du Reich. Petiot, qui s’était fait engager dans les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) sous le nom de capitaine Valéri, fut enfin arrêté, soupçonné d’avoir commis vingt-sept homicides. Pour sa défense, le médecin prétendit avoir trucidé soixante-trois « collabos » et autres occupants teutons. Le procès, qui démarra le 18 mars 1946, s’annonçait extraordinaire et mobilisa de nombreux journalistes et curieux. Rien que le réquisitoire définitif, qui clôturait l’instruction, faisait quarante-deux pages, à l’aune du dossier de procédure, qui, lui, pesait 30 kg ! Sans oublier les pièces à conviction…

Pendant son séjour en prison, Petiot écrivit un livre consacré au jeu et au hasard : Le hasard vaincu, s’y présentant comme un ancien chef de la résistance « du réseau Fly-Tox », du nom d’un produit insecticide très populaire à l’époque. Une invention totale, cela va sans dire. Puis lors du procès, tout comme Landru, l’accusé joua de son statut de vedette du moment, cabotinant autant qu’il le pouvait. Narguant la justice, il vociférait, plaisantait ou dormait, au choix. Écartant tout soupçon de folie, le ministère public estima Petiot totalement responsable de ses actes. La cupidité fut avancée comme sa principale motivation pour perpétrer tous ces assassinats. C’était l’as du barreau René Floriot qui avait accepté de relever le défi de défendre le docteur Petiot. Apparemment, sa plaidoirie resta dans les mémoires, même s’il ne plaida pas la démence ni au minimum l’irresponsabilité, insistant plutôt sur le pseudo-patriotisme du médecin et soutenant mordicus l’hypothèse d’assassinats d’Allemands et de « collabos ». Peut-être ne connaissait-il pas lui-même tous les antécédents de jeunesse de son client… Jusqu’au bout, Petiot prétendit en effet avoir tué pour la France.

En dépit de l’absence de preuves suffisantes, il fut condamné à mort par les jurés de la cour d’assise de Paris début avril 1946. De retour dans sa cellule, le docteur fit un pourvoi en cassation, que la Cour rejeta le 16 mai. Une autre tentative de libération, une demande de révision du procès, se trouva elle aussi rejetée une semaine plus tard. Marcel Petiot fut guillotiné le samedi 25 mai 1946 à l’aube par le bourreau Jules-Henri Desfourneaux. Malgré sa disparition, le médecin fou à lier continua à laisser traîner un entêtant parfum de mystère derrière lui. Ainsi, qu’advint-il du magot qu’il avait amassé en dépouillant ses nombreuses victimes ? Les acheteurs de l’hôtel particulier du 21 rue Le Sueur, en dépit d’intenses recherches, ne mirent jamais la main dessus… La police, elle, surveilla de près Georgette et Gerhardt, qui avait apparemment filé en Amérique du Sud. En 1947, la presse retrouva la trace de la veuve de l’effroyable Marcel dans une boulangerie de la rue Notre-Dame de Nazareth, dans le 3e arrondissement, où elle avait trouvé refuge chez des amis. Puis d’aucuns affirmèrent qu’elle était partie rejoindre son fils en Amérique du Sud. Le mystère autour de Petiot se poursuivit jusqu’à la fin des années 1990, quand les corps du carré des suppliciés, au cimetière d’Ivry-sur-Seine, furent relevés sur ordre de l’administration. Mais on ne sait pourquoi ni où ils furent transférés. Les ossements de l’abominable Docteur Satan sont sans doute eux aussi partis en fumée…

À lire pour en savoir plus : L’effrayant Docteur Petiot, Perrin, 2014, Claude Quétel. Et pour replonger dans la jeunesse du criminel, avant son arrivée à Paris : http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne/2014/10/25/yonne-70-ans-apres-le-mystere-du-docteur-petiot-demeure-577666.html

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