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Des textes de Joseph Roth qui résonnent avec l’actualité

Cynisme, humour noir et tendresse mêlés caractérisent la prose du grand auteur austro-hongrois. Poèmes des livres disparus & autres textes, paru en novembre dernier chez Héros Limite, ne fait pas exception à la règle. Ce court recueil (quatre-vingt-seize pages) rassemble seize petites proses, pour la plupart jamais traduites en français, qui furent publiées dans plusieurs journaux entre 1915 et 1939. Joseph Roth né en 1894 en Galicie de parents juifs et décédé en 1939 dans le plus grand dénuement à Paris, fut en effet notamment chroniqueur et correspondant pour plusieurs publications de langue allemande comme Österreichs Illustrierte Zeitung, Neue Berliner Zeitung ou Frankfürter Zeitung.

Au menu de ces textes très souvent autobiographiques, où cependant la part de vérité se perd parfois dans l’évanescence des souvenirs et le goût de l’auteur pour la fiction, beaucoup de nostalgie de ce qui n’est plus, de désespérance et de passion pour conter l’enfance, l’adolescence, la guerre (qu’il ne fit pas vraiment), les femmes ou encore le théâtre. Avec son sens aigu de l’observation, l’auteur de La marche de Radetzky et de La crypte des Capucins rapporte des faits qui ne sont pas, pour certains, sans rappeler quelque peu notre actualité…

Ainsi dans « Un enfant dans la salle d’attente de la police », un article paru en septembre 1938 dans Das Neue Tage-Buch et qui relate le sort de ceux qui sont en attente d’une autorisation de rester dans la capitale française : « Dans une salle d’attente, messieurs dames, il n’y a pas de fauteuils rembourrés. On est assis sur des bancs qui n’ont pas de dossier. On est assis comme il convient aux sans-patrie, le dos courbé, les coudes sur les genoux et, si l’on veut, le front dans ses mains jointes. Dans la salle d’attente de la préfecture de police les gens vont et viennent, font les cent pas, environ une vingtaine de personnes, mettons : des hommes pour la plupart. Ils vont et viennent, font les cent pas. Dieu les a manifestement punis. Pas assez qu’ils aient dû parcourir tant de kilomètres pour parvenir ici, dans cette salle d’attente de la préfecture de police, il leur faut encore ici à l’intérieur faire les cent pas, marcher de long en large. C’est comme s’ils ne pouvaient pas s’arrêter dans leur marche et dans leur fuite. Même dans la salle d’attente de la police, ils fuient et marchent encore. »

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