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Simone Simon, la féline

Simone_Simon

Simone Simon dans « Love and Hisses » (1937).

Pour toujours, cette actrice française aux multiples talents restera dans l’esprit des cinéphiles une silhouette fantomatique qui se muait en panthère pour contrer les assauts intéressés des hommes. La féline…

La vie de Simone Simon commence déjà par un mystère. Elle est née un 23 avril, mais 1910 ou 1911 ? À Marseille ou à Béthune ? Les sources varient. Ce qui est certain, c’est qu’elle vint au monde dans une famille aisée. Son père était un ingénieur français, et sa mère, une Italienne, tenait le foyer. Mais pas pour longtemps. Quand Simone fêta ses trois ans, ses parents se séparèrent. La petite fille partit vivre avec sa mère, qui refit rapidement sa vie. La famille reconstituée posa ses valises à Madagascar, puis Berlin, avant de déménager à Budapest et enfin Turin.

Adolescente, Simone travailla comme mannequin et dessina même des robes. Artiste dans l’âme, elle étudia le chant et s’essaya à la chanson (http://www.youtube.com/watch?v=vXRWZFY6-J8 et http://www.youtube.com/watch?v=aV8dRf60_Kg). En 1931, Victor Tourjansky, un réalisateur russe émigré en France, la remarqua à Paris, à la terrasse du Café de la Paix. Il lui proposa son premier (petit) rôle dans « Le chanteur inconnu ». Elle tourna de nouveau avec lui en 1935 dans « Les yeux noirs », avec Jean-Pierre Aumont. Mais c’est le film « Lac aux Dames », de son amant Marc Allégret, qui apporta le succès à la jeune femme en 1934. Devenue une valeur sûre du cinéma français, elle fut qualifiée de « sauvage tendre ». Tout un programme… un peu abscons !

Darryl Zanuck, président de la Twentieth Century Fox, remarqua sa beauté et lui proposa de tenter sa chance à Hollywood. Mais ce séjour se transforma un fiasco. Simone ne maîtrisait pas bien la langue de Shakespeare, avait un accent trop marqué, et les films qu’on lui proposait ne la mettaient pas en valeur. Sans oublier quelques sautes d’humeur qui déplaisaient aux réalisateurs… Ce séjour américain fut principalement marqué par une série de mini-scandales dans la vie privée de l’actrice, qui firent le bonheur des feuilles de chou spécialisées dans les ragots. En outre, d’autres actrices hexagonales déjà installées en Amérique, comme Annabella, l’épouse de Tyrone Power, lui faisaient de l’ombre.

Décidée à reprendre sa carrière en main, Simone regagna la France. Sage mouvement : Jean Renoir la voulait dans « La bête humaine » (1938) (http://www.youtube.com/watch?v=HBLe_J0P7vI), d’après Émile Zola. Elle y interpréta le rôle de Séverine Roubaud. Pourtant, quand la Seconde Guerre mondiale éclata, Simone reprit le chemin d’Hollywood, bien déterminée cette fois à connaître le succès. Son intuition fit merveille : elle incarna Belle dans « The devil and Daniel Webster », de William Dieterle (1941), et surtout la Serbe maléfique et possédée Irena Dubrovna dans le célèbre film fantastique de Jacques Tourneur, « La féline » (1942), autrement dit « Cat people » (voici la bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=0ADPSaybusM). Dans ce film, elle se transforme en panthère (voyez cette scène dite « de la piscine » : http://www.youtube.com/watch?v=cKWp2ixW5vs). Pour la petite histoire et les fans de technique cinématographique, ce film a introduit « l’effet bus », visant à conclure une scène à la tension croissante par une brusque décharge. Ce gimmick a été repris dans nombre de films d’horreur ou à suspense depuis.

Sans doute à l’aise dans son costume de panthère, Simone récidiva deux ans plus tard dans « La malédiction des hommes chats » (« The curse of the cat people »), de Robert Wise et Gunther von Fritsch, reprenant le rôle d’Irena, mais cette fois en tant que fantôme. À l’issue du conflit mondial, Simone rentra en France, cette fois pour de bon, où après quelques films, elle choisit de mener une carrière sur les planches, dans les années 1950. Sa dernière apparition sur écran date de 1973, dans « La femme en bleu » de Michel Deville. Jamais mariée et restée sans enfant, Simone Simon est morte de causes naturelles le 22 février 2005 à Paris. Si elle n’a pas rejoint le cimetière des éléphants, celui des félins l’a sans doute accueillie à pattes ouvertes.

6 commentaires

  1. claude Alice dit :

    Qui donc se souvient de cette actrice ? Merci de votre article
    Pour moi La féline demeure un grand film et le choix de Simone Simon fut la meilleure idée de Maurice Tourneur De celui ci j’ai beaucoup apprécié La main du diable
    Je reviendrai sur votre blog ..Bonne nouvelle année

  2. John Melmoth dit :

    Sachez qu’aux USA, grâce à « Cat People », Simone Simon a de nombreux fans !

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