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Raspoutine, the ladies’ man

Raspoutine: Russia’s greatest love machine?

Scandaleux, sulfureux, mystérieux… De sa naissance à une date incertaine (1869 ?) en Sibérie à son assassinat à Saint-Pétersbourg dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916, Grigori Efimovitch Raspoutine vécut dans le mysticisme et la grandeur d’âme pour certains, dans la débauche et l’abus de confiance pour les autres. Il fut en tout cas une figure incontournable de la vie des derniers détenteurs du pouvoir autocratique des tsars de Russie : la famille Romanov.

Mystique errant ou aventurier doté d’une forte aura, Raspoutine fut peut-être starets, c’est-à-dire l’aîné d’un monastère orthodoxe russe, conseiller et enseignant. Surnommé le « moine fou », même si rien ne prouvait qu’il était moine, il naquit dans une famille de fermiers très religieux. Dès l’enfance, il fit montre de dons de guérisseur et de voyant, avant d’être pris de crises mystiques et d’apparitions mariales dès ses 16 ans. Devenu un exégète de la Bible, cet ascète aux yeux d’un bleu perçant souvent qualifié d’extraordinaire reçut les paysans des alentours, venus pour entendre ses oracles. Alternant la vie de paysan moujik dans son village et les pèlerinages et retraites dans des monastères, Raspoutine renforça et étendit sa réputation de sage et de guérisseur à toute la Sibérie. Tout en prêchant, il développa aussi une réputation beaucoup plus sulfureuse d’homme à l’appétit sexuel débordant, n’hésitant pas à trouver le salut dans les péchés les plus vils.

À la faveur d’un séjour à Kiev dans les années 1890, il rencontra la Grande-duchesse Militza, qui l’invita à se rendre à Saint-Péterbourg. Il entreprit ce périple en 1904, alors que la tsarine Alexandra attendait de nouveau un enfant. Après la naissance de quatre filles, le couple impérial était désespéré de ne pas avoir encore donné d’héritier mâle aux Russes. Pendant son voyage, Raspoutine prédit l’arrivée d’un garçon. La naissance du tsarévitch Alexis, le 12 août 1904, confirma cette vision salvatrice. Une fois à Saint-Pétersbourg, Raspoutine rencontra les membres influents du clergé local, qui furent impressionnés par sa ferveur et son talent de prédicateur.

Toujours grâce à la Grande-duchesse Militza, il fut présenté à l’épouse de Nicolas II en novembre 1905. Alexandra, inquiète et influençable, vivait dans l’angoisse des crises d’hémophilie du petit prince héritier. Mais miracle ! En apposant ses mains sur le tsarévitch et en lui racontant des contes sibériens, le moujik malpropre et inéduqué guérit ce dernier ! En fait, ce serait plutôt son conseil de ne pas donner au petit malade de l’aspirine (dont personne ne connaissait alors la propriété anticoagulante) qui aurait « sauvé » l’enfant… Mais cette mère désespérée et angoissée interpréta ce phénomène quasi magique comme le fruit du pouvoir d’un guérisseur tombé du ciel… Raspoutine eut vite fait de se rendre indispensable auprès de la famille impériale et fut chargé de veiller sur la santé de chacun.

En dépit de l’aura de sainteté dont les Romanov l’entouraient, Raspoutine était très mal considéré par la cour impériale et le peuple. C’est qu’il se laissait aller allègrement à ses penchants de débauche, menant une vie de plus en plus dissolue. Alors que la Russie était embourbée dans le premier conflit mondial, des soupçons d’espionnage à la solde de l’ennemi allemand furent le prétexte idéal pour des parents des Romanov pour se débarrasser du starets au pouvoir encombrant. Au cours d’un dîner chez le prince Youssoupov, Raspoutine ingurgita sans conséquences des mets contenant une dose de cyanure de potassium suffisante pour terrasser dix hommes ! Plus tard, alors qu’il s’assoupit, Youssoupov lui tira dans la poitrine. Pris de fureur, Raspoutine tenta de l’étrangler ! Mais l’intervention d’un autre complice, qui lui tira quatre balles dans le corps, eut raison du starets, dont le corps fut finalement lancé dans les courants glacés de la Neva.

Entré dans la légende, Raspoutine a inspiré Hugo Pratt dans sa bande dessinée Corto Maltese et est aussi le héros de la série de jeux vidéo « World Heroes ». Toujours musical, mon premier souvenir lié à Raspoutine date de 1978, quand le groupe Boney M sortit sa chanson du même nom, « Rasputin », qui rendait hommage en grande partie à sa réputation d’homme à femmes : http://www.youtube.com/watch?v=kvDMlk3kSYg. Ironie du sort ou hasard bizarre, le chanteur du groupe, Bobby Farrell, est décédé à… Saint-Pétersbourg le 30 décembre 2010, soit le même jour que Raspoutine (selon le calendrier julien, alors en vigueur en Russie)…

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