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Punch

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Hisse et ho, sur mon beau bateau ! Levons le coude en choeur !

Mille sabords ! Au début était le tafia (abréviation de « ratafia »), une sorte de rhum infâme qui n’avait pas vieilli et n’était pas de la meilleure qualité. Au XVIe siècle, cette boisson très forte faisait partie du quotidien de tous les marins, qu’ils soient hors-la-loi ou enrôlés dans la marine. Flibustiers et autres corsaires ne savouraient pas ce breuvage, mais se soûlaient gaiement avec, dès que l’occasion se présentait. Ce fut sans doute leur amour pour leur boisson favorite qui leur souffla une idée lumineuse afin d’attirer de nouvelles recrues parmi les marins anglais de la Royal Navy, grands amateurs eux aussi de tafia. En adoucissant ce fameux breuvage à l’aide de sucre et de fruits, les boucaniers enivraient tant de jeunes hommes que ces derniers se trouvaient dans l’impossibilité de regagner leur navire, devenant ainsi automatiquement des déserteurs. Il ne leur restait plus qu’à rejoindre les hordes de pirates et à continuer à lever le coude en chœur…

Cependant, tous ceux qui avaient eu assez de force pour répondre à l’appel n’eurent de cesse de retrouver le goût inimitable de cette mixture si particulière. Après avoir débarqué aux Indes, certains mélangèrent leur ration de tafia à du sucre et à des fruits locaux, puis y ajoutèrent un jour des épices, en l’occurrence de la cannelle, ainsi que du thé. Et ils baptisèrent leur cocktail « punch », du mot hindi « panch », qui signifie « cinq », tout simplement pour rappeler que la recette compte… cinq ingrédients ! Voguant ensuite vers les Antilles, ils y introduisirent leur trouvaille, qui y connut le succès que l’on sait, devenant le ti-punch, un nectar désormais traditionnel.

Ce n’est qu’au début du XVIIe siècle que la fabrication du tafia gagna en sophistication, ce qui lui valut de devenir véritablement du rhum. Un mot qui revêt des origines fort belliqueuses, puisqu’issu d’un dialecte du Devon : « rumbullion » ou « rumbustion » signifie « bagarre » ou « grand tumulte ». Le rhum et le punch n’eurent aucun mal à conquérir toute l’Europe au siècle suivant… Visiblement jamais à court d’idées quand il s’agit de boire, les marins anglais poursuivirent leurs expérimentations en la matière. En 1731, un amiral, Edward Vernon, qui souhaitait éviter que ses hommes, complètement gelés, ne périssent du froid en pleine mer, eut un éclair de génie. Il fit réchauffer du rhum et y ajouta de l’eau et du citron. Le grog était né ! Et pourquoi « grog » ? En hommage à son inventeur, surnommé « Old Grogram ». Ce dernier portait en effet en permanence un caban en tissus grossier à gros grain, ou « grogram » en anglais…

Alors si vous avez pris un coup de froid, n’oubliez pas les marins du « Vieux Grog », et faites-vous plaisir par la même occasion ! En voici une recette : https://www.youtube.com/watch?v=zZOQOjC46Eg

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