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L’amour après… les camps

Trois ans après le très beau Et tu n’es pas revenu, où elle racontait son quotidien dans les camps de la mort, là où son propre père périt, Marceline Loridan-Ivens poursuit le récit de sa jeunesse avec un nouvel ouvrage, toujours écrit avec le concours de la journaliste et romancière Judith Perrignon, L’amour après, paru chez Grasset le mois dernier.

La cinéaste française, qui fêtera en mars ses 90 ans, fut déportée à 15 ans à Auschwitz-Birkenau, dans le même convoi que Simone Veil. Elle fut ensuite transférée à Bergen-Belsen puis à Theresienstadt, avant d’être libérée en 1945. La première fois qu’elle se mit nue devant un homme, c’était pour obtempérer aux ordres aboyés par un soldat nazi. Comment, dans ces conditions, et après avoir vu jusqu’à la nausée des corps avilis et abîmés, réussir à aimer, à désirer, une fois l’horreur de la barbarie du IIIe Reich derrière soi ? Comment (s’autoriser à) éprouver du plaisir en tant que femme quand on a survécu au cauchemar ?

Tel est le thème de ce nouveau témoignage passionnant, pour l’écriture duquel Marceline Loridan-Ivens a pioché et plongé dans de vieux papiers, des lettres et autres des petits mots, ressortis plus de cinquante ans après d’une valise recouverte de poussière. Des témoins manuscrits d’une jeunesse vécue dans le Saint-Germain-des-Prés des années 1950, où le matricule n° 78750 tenta de vivre et d’apprendre à aimer de nouveau, malgré les souvenirs indélébiles de l’innommable.

Née Rozenberg, celle qui a choisi de porter les noms de famille de ses deux maris, son grand amour, le documentariste Joris Ivens, de trente ans son aîné, et Francis Loridan, un ingénieur de dix-huit ans son cadet — qui pratiquèrent onze ans durant le ménage à trois ! — confie dans son livre que même si son corps, devenu sec, ne ressentait pas grand-chose, elle essaya et tenta de nouveau d’aimer, malgré tout. Marceline eut notamment pour amants Georges Perec et Edgar Morin, mais aussi nombre d’anonymes, dont elle égraine le souvenir au fil des pages. Pourtant, elle le dit sans ambages : « Le rapport à mon corps a été totalement ravagé par les camps. »

Pour entendre Marceline Loridan-Ivens parler de cet ouvrage sincère, impudique et audacieux, voici son interview dans l’émission « La Grande Librairie ».

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