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Gestapo : une histoire de violence (extra)ordinaire

Zentralbild Berlin 1933 Der preußische Ministerpräsident hat die bisher den Polizeipräsidenten unterstehende politische Polizei zu einer selbständigen Behörde gemacht, und sie als Geheime Staatspolizei dem Reichssicherheitshauptamt unterstellt. UBz: den Sitz des Geheimen Staatspolizeihauptamtes in Berlin SW 11, Prinz-Albrecht-Straße 8.

Le siège de la Gestapo à Berlin.

Auteur de plusieurs livres consacrés à divers pans et aspects de la Seconde Guerre mondiale (Hitler, Sophie Scholl ou encore l’Holocauste), Frank McDonough, professeur d’histoire internationale à l’université John Moores de Liverpool, a sorti en 2015 en Grande-Bretagne un ouvrage passionnant sur la Gestapo. Enfin traduit en français et sorti en mars dernier chez Fayard (http://www.fayard.fr/la-gestapo-9782213701073), cet ouvrage de 312 pages sommairement intitulé La Gestapo retrace minutieusement et sans hystérie l’histoire de cette entité synonyme des pires exactions de l’Allemagne nazie.

Instrument de terreur et d’intimidation, la Geheime Staatspolizei (autrement dit « police secrète d’État ») fut créée en avril 1933, juste après l’arrivée du Führer au pouvoir. Cette police politique, forte de seulement quinze mille hommes et dénuée de réels moyens, dut compter sur la participation de la population, via un encouragement à la délation, pour mener à bien son entreprise première : éradiquer du territoire du IIIe Reich tous les ennemis de l’Allemagne. Se basant sur une somme documentaire de soixante-treize mille dossiers stockés à Düsseldorf, où est abritée la plus importante collection de documents de la police politique, La Gestapo évoque donc également l’histoire de ces citoyens allemands qui participèrent à une œuvre de destruction massive. Délation, mesquineries, peur, mensonges… Une ambiance sordide qui n’est pas sans rappeler le génial roman de Hans Fallada, Seul dans Berlin (lire aussi sur ce blog : http://www.geraldine-couget.com/elise-et-otto-hampel-justiciers-desesperes-a-berlin/).

L’ouvrage montre aussi que ce n’est que pendant les années de guerre que l’institution tant crainte atteignit le paroxysme de l’horreur et de la cruauté. De policiers finalement ordinaires, les membres de la Gestapo devinrent petit à petit des bourreaux sanguinaires, prêts à toutes les exactions, contre non seulement les Juifs, les handicapés et les homosexuels, mais aussi les Témoins de Jéhovah ou encore les catholiques. Dès avant le conflit mondial, ils donnèrent ainsi des bonbons à de petits enfants en échange d’accusations d’attouchements par des prêtres ou firent courir des rumeurs selon lesquelles les bonnes sœurs tenaient des maisons closes au sein des couvents…

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