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Camus-Casarès : une correspondance passionnée enfin révélée

Quinze ans d’amour célébrés par le pouvoir des mots…

Quinze ans d’échanges fiévreux et enflammés entre une grande tragédienne et un immense homme de lettres… Début novembre, Gallimard a publié pour la première fois les huit cent soixante-cinq lettres que s’adressèrent Maria Casarès et Albert Camus entre juin 1944 et le 30 décembre 1959 (http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Correspondance65). À l’origine de cette publication exceptionnelle, la propre fille du Prix Nobel de littérature, Catherine Camus. Selon cette dernière, qui a signé l’avant-propos du recueil, « leurs lettres font que le monde est plus vaste, l’espace plus lumineux, l’air plus léger simplement parce qu’ils ont existé ».

La rencontre entre la jeune réfugiée espagnole de 21 ans, fille du dernier président du gouvernement de la République d’Espagne, Santiago Casares Quiroga, et l’auteur de L’Étranger (1942), alors âgé de 30 ans, date du 19 mars 1944, chez l’auteur et poète Michel Leiris. À l’époque, Camus était marié à Francine Faure, une institutrice restée à Oran, en Algérie, depuis le départ de l’écrivain pour la métropole en octobre 1942. Quelques semaines plus tard, le jour du Débarquement en Normandie, Maria et Albert devinrent amants. Mais l’arrivée de Francine à Paris en septembre sonna le glas de leur passion. La mort dans l’âme, l’actrice préféra rompre avec le romancier et dramaturge.

Le destin rattrapa cependant les deux tourtereaux. Le 6 juin 1948, quatre ans jour pour jour après leur première étreinte, ils se croisèrent « par hasard » sur le boulevard Saint Germain. Bien qu’il restât marié à la mère de ses jumeaux Catherine et Jean, nés en 1945, Albert Camus ne quitta plus sa maîtresse, car même quand ils étaient loin l’un de l’autre, ils entretinrent le feu de leur passion en s’écrivant quasi quotidiennement. L’épais recueil de mille trois cents pages publié par Gallimard en atteste, relatant la vie de tous les jours et l’évolution professionnelle des deux amants.

Cette correspondance ininterrompue pendant douze ans prit fin le 30 décembre 1959, avec la dernière missive de l’auteur de La Peste. S’adressant à sa « superbe », Camus y annonça à Maria qu’il rentrerait du Vaucluse en voiture à Paris le 4 janvier 1960 : « À bientôt, ma superbe. Je suis si content à l’idée de te revoir que je ris en t’écrivant […] Je t’embrasse, je te serre contre moi jusqu’à mardi, où je recommencerai. » Mais la Facel Vega que le neveu de Gaston Gallimard, Michel Gallimard, conduisait, avec Albert Camus assis dans le siège passager, s’encastra dans un platane près de Fontainebleau. Maria Casarès (s’exprimant ici à propos de son grand amour : http://www.ina.fr/video/I16033761), mourut près de trente-sept ans plus tard, à 74 ans.

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